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Concert : Katerine se fracasse sur le mur du çon

Barbe de 3 jours, mèches longues, lunettes sur le nez, chemise à carreaux et baskets « édition limitée », je me sentais fin prêt dans ma tenue de bobo parisien pour aller affronter le concert de Philippe Katerine au Casino de Paris. Une fois sur place, pas de doute, j’ai trouvé LA source, tous mes semblables sont là, prêts à en prendre plein la tronche à la base de LOL, de loufoque, de décalé, et, malgré tout, d’un peu de musique…

Première tête connue croisée, l’un des membres du team « 10 minutes à perdre ». Bon signe ? Pas vraiment, ces 10 minutes à perdre se sont transformées en 120 minutes d’un long calvaire visuel et « musical ». Où quand à force de vouloir faire du décalé, chanter décalé, vendre du décalé, on finit par être d’un consternant banal et frôler le foutage de gueule de son public.

Entendons-nous bien. Je n’ai jamais été un immense fan de Philippe Katerine, mais il a toujours su imposer une patte, une griffe particulière dans le milieu guindé de la « chanson française ». Avec Louxor j’adore, il a rencontré de plein fouet le grand public et obtenu un succès bien mérité après de nombreux disques et contre-pieds musicaux.

Mais son concert d’hier soir, en très grande partie basé sur son dernier album, a révélé à mes yeux les limites du personnage actuel. Pendant l’immense majorité du show, le compte n’y était pas. Intérêt musical nul, à base de phrases scandées, répétitives à n’en plus finir et bien pauvres, et surtout show visuellement sans aucun relief. Ses deux danseuses avaient beau arpenter la scène dans tous les sens, enchaîner les chorégraphies supposément « marrantes », le pauvre Philippe Katerine errait sur scène comme un pauvre diable. Il ressemblait finalement à une caricature de lui-même, dépassé par son obligation d’être loufoque, d’être en slip et de demander au public de lui jeter des bananes.

Long et pénible concert donc, encore plus à l’aune des 20 dernières minutes. Paradoxalement, cette fin de show montrait tout ce que Katerine sait faire et pourquoi il occupe cette place si particulière sur la scène française. Show enlevé, chansons popart efficaces, public enfin réveillé de sa torpeur… Juste de quoi laisser un arrière goût amer en partant et la vague impression d’avoir assisté au caprice artistique d’un « enfant-artiste » trop content de lui et de casser son jouet. Et face à un public trop heureux d’être « hype et décalé » pour s’en rendre compte.

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