Quand le petit barbu à lunettes d’Universal m’a appelé pour me proposer de participer à une rencontre de blogueurs autour de Zazie, j’ai commencé par hausser les sourcils. Non pas en raison du fameux adage « il faut toujours se méfier des barbus », cela serait mal venu de ma part, mais plus car je ne voyais pas vraiment l’intérêt de m’inviter à ce petit raout. Pas vraiment blogueur, journaliste à la plume sèche, je ne rends que rarement compte des événements auxquels je participe, me contentant généralement de me nourrir intellectuellement sur le dos de la bête. « Pas de problèmes, m’a rétorqué le petit homme, pas besoin d’en faire de compte-rendu ».
Si les adages existent, il y a forcément une raison. Ne jamais l’oublier. Encore moins quand le barbu officie en réalité comme homme de main numérique de l’artiste en question, Zazie donc. L’homme est fourbe et viendra vous poursuivre au cœur de votre vie numérique, Facebook, pour vous rappeler à votre devoir : écrire. Les promesses n’engagent que ceux qui les croient ai-je entendu si souvent lorsque je travaillais en politique, j’étais prévenu, l’invitation n’avait rien d’amicale, elle n’était qu’un simple piège tendu par un Jim Profit de pacotille dont la vengeance serait implacable. Pris à partie sur le blog de Zazie, sur mon propre wall Facebook, il fallait que je réagisse avant que mon e-réputation et mon personnal branding soient profondément atteints. Déjà qu’ils sont entachés d’un soutien à la campagne de Ségolène Royal…
Fourbe comme sa fonction le lui permets, le clone de Joffrin m’a aussi pris par les sentiments. A une dernière tentative désespérée de m’en sortir, « Pas possible d’écrire, désolé, dans Zazie il y a ZAZ », l’ex-infirmier se rappela de ses armes passées, à base de « care », tel un Aubryiste de la pire espèce : « Elle parlait de toi avec sensualité et empathie après ». Moche hein ?
Mais il tapait juste, Zazie, c’est avant tout du sentiment. Que l’on parle de ses textes, de ce qu’elle dégage, et je ne parle pas uniquement bien sûr des émois adolescents dus à son tout premier clip, il y a avant tout une façon simple « d’être », de celle qui vous donne tout simplement envie, de connaître, d’écouter, de découvrir… et donc de rencontrer.
Difficile d’être déçu du moment passé avec elle. Ouverte, drôle, simple, j’ai peu rencontré d’artistes de « son niveau » de notoriété aussi accessible. Et tellement en revanche de jeunes pousses déjà pédants et infects. Je vais faire dans le cliché, mais rappelez-vous les adages, mais en la rencontrant on comprend ce qui touche son public et pourquoi elle plaît à temps de gens. Etonnant lorsque l’on fait le tour de ses proches de voir combien sont nombreux ceux qui l’apprécient, même si sa musique ne les touche pas tous de la même façon.
La musique, donc, quand même, un mot. 7 albums, 7 ambiances musicales pour les 7 jours de la semaine. Du très bon, des titres parmi ses meilleurs, du forcément décevant, mais un sacré projet qui a une très forte cohérence, disque par disque et dans son tout. (Un Zest-of made in le petit barbu est écoutable sur spotify) Et un sacré pari dans une époque sacrément morose pour l’industrie du disque. Cela semblait l’un des regrets de Zazie, que « les journalistes parlent plus du marketing que des chansons ». Les blogueurs présents ont, eux, bien rendu compte de cette rencontre et de la richesse musicale de « 7 ». Allez les lire pour finir de vous convaincre que Zazie et ce projet fou méritent votre attention. Et restez sur vos gardes si l’Universal barbu vous invite amicalement à rencontrer un artiste que vous aimez. Vinvin a même été obligé de chanter.
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