MMDP
Oscar Matzerath (archives 2005)

Au cours d’un concert, il arrive que nos oreilles quelque peu blasées succombent au charme d’une première partie. Ce fut le cas en 2003, au festival Les Jeux, avec Oscar Matzerath qui précéda Jack the Ripper au Café de la Danse. Rares sont les groupes français qui se sont risqués à se frotter aux univers sombres et tendus de Tom Waits ou Nick Cave sans tomber dans la copie ou la parodie. Oscar Matzerath a su s’approprier le style et le faire sien, transcendant les genres et prenant surtout le risque d’écrire en français. Les textes sont ténébreux à souhait, flirtant avec la noirceur d’un Tim Burton ou d’Alan Moore, l’auteur de la bande-dessinée From Hell. Un groupe que l’on s’attend à découvrir au détour d’une ruelle mal famée, dans un bar glauque et enfumé, mais qui mériterait de rencontrer un public plus large.


 

Ce premier album pourrait lui ouvrir quelques portes : “Certaines compositions existent depuis longtemps, mais on a voulu prendre notre temps, les tester sur scène. A un moment, on s’est rendu compte qu’on avait suffisamment de matière pour clore un chapitre.” commente Stéven Rougerie, chanteur et parolier. Conséquence directe de ce nouveau disque, les salles tendent plus volontiers l’oreille à Oscar Matzerath, que l’on devrait découvrir bientôt un peu partout : “Nous avons participé à plusieurs tremplins, mais sans doute trop tôt. Scéniquement nous n’étions pas prêts. Depuis, l’évolution a été conséquente.” Le groupe vient notamment de participer au Chantier des Francos, étape qui a eu son importance pour de nombreux artistes. Grâce à cette participation, ils ont pu jouer sur la scène gratuite des Francofolies de La Rochelle lors de l’édition 2005. Sans tourneur ni label, Oscar Matzerath lutte pour s’imposer dans un style trop souvent boudé par ces derniers. Avis aux amateurs : trouver des pépites impose de creuser un peu !