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Cocoon en live, un joli écrin musical… qui a tendance à se fissurer

De retour au Casino de Paris hier soir pour le concert de Cocoon, suite à la déception Katerine. Il y a toujours une interrogation lorsque l’on va voir ce type de groupe sur scène : un son délicat et fonctionnant essentiellement sur le mélange de 2 voix, cela peut vite perdre de sa pertinence en public. Le syndrome « c’est mieux sur disque » n’est jamais loin, forcément frustrant lorsque l’on aime le live et que l’on fait l’effort d’aller voir un groupe sur scène.

Cocoon efface vite ce doute et prend en main son concert dès les premiers titres. On retrouve vite ce qui fait leur charme, deux jolis voix parfaitement entremêlées, des ballades mélancoliques et joliment interprétées, et ce qu’il faut d’engagement et d’intensité dès que leurs titres le permettent. Cocoon joue la sobriété, y compris dans le décor et l’éclairage, et transforme le Casino de Paris en une salle intimiste malgré ses 2000 places. On note bien quelques imperfections à la guitare ici ou là mais rien qui ne vient gâcher le plaisir de les voir enfin sur scène. Et l’on se dit qu’en deux albums, Cocoon est en passe de s’imposer comme un jeune groupe qui compte.

Sauf qu’arrive le « turning point » du concert. Invités de Taratata, Cocoon s’est plié à la reprise d’un titre sur le plateau de Nagui, posant son choix sur « Empire state of mind » de Jay-Z et Alicia Keys. Et les deux artistes de renouveler ce choix sur scène. Sans préjuger de la version offerte sur le plateau de Nagui, l’interprétation d’hier soir a révélé tout le côté risqué, voir catastrophique, de ce choix. Là où une version tout en douceur folk aurait pu (à voir…) apporter quelque chose et permettre à Cocoon d’y apposer sa patte, la volonté de jouer sur l’énergie de la chanson révèle un groupe bien incapable de relever le défi qu’il s’est lancé. Pain sur pain à la guitare, intensité brouillonne, le concert tourne au mauvais bal populaire.

Etonnamment, ce qui aurait pu n’être qu’une simple faute de parcours imprime le ton de la suite de la prestation de Cocoon. Petit à petit l’écrin musical qu’ils étaient parvenus à créer se fissure. Les approximations vocales et à la guitare se multiplient et le groupe donne l’impression de perdre le fil de son concert. Et comme un sportif qui force son geste dans les moments difficiles, Cocoon cherche à mettre plus d’énergie dans sa prestation, et c’est la qualité de celle-ci qui en prend un coup.

Une fin de concert décevante donc et qui montre un peu la limite du groupe dans une telle salle. Leur « jeunesse » saute aux yeux à ce moment là. La notoriété acquise rapidement se révèle ambigüe, la demande du public les projette dans ce type de salle mais l’on sent que Cocoon mériterait encore de grandir tranquillement dans des espaces plus petits. A découvrir sur scène donc, mais sans doute dans un environnement plus intimiste.