MMDP

Saul Williams au Nouveau Casino, c’était beau, chaud, intense… Charisme, voix qui claque, une façon de scander ses textes qui vous happe, un show très rock même si slam et influences hip-hop ne sont jamais loin, et cette impression d’être dans les sous-sol d’un club New-yorkais face à un ovni musical en plein décollage. Il m’avait déjà sacrément surpris il y a plusieurs années aux Transmusicales de Rennes. Cela fait du bien de prendre une bonne claque musicale de temps en temps.

Je confesse, j’aime globalement bien l’album de Mélanie Laurent, et surtout ce titre, clip pas mal sans plus

The Dø: Too Insistent - Video (via la3eheure )

{Woodkid} LA sensation du moment à mes yeux. Découvert il y a quelques semaines en concert, en première partie de Revolver aux Bouffes du nord, j’avais été scotché par la voix du bonhomme. Le set n’était pas parfait, on sentait que la formation manquait un peu de rodage sur scène, mais les quelques titres joués par Woodkid claquaient dans l’atmosphère chaleureuse de ce vieux théâtre. Après des centaines de concerts, on sait que l’on ne prend hélas que rarement des vrais claques face à un artiste en live. Quand c’est le cas, que l’on tombe sur ce genre de perles, peut importe les imperfections, seuls comptent les frissons que l’on ressent.

La question était donc : Woodkid a-t-il été juste un instant magique un soir dans un théâtre défraichi, où est-ce une de ces jolies pépites que l’on espère toujours trouver ? La sortie en début de semaine de son premier EP « Iron » apporte la réponse. Il y a « a kind of magic » chez Woodkid. Arrangements superbes, voix intense qui vous fait immédiatement basculer dans un autre univers, ces 4 titres mettent la barre très haut.

Mais quitte à faire sensation, autant aller jusqu’au bout et assurer en plus la touche artistique qui va bien. Cela donne une superbe pochette, et surtout un clip canon qu’il a lui-même réalisé. Du talent à revendre donc. Et une bonne envie de demander une interview pour trouver la faille chez Woodkid :).

PS : après écoute sur Spotify, on est prié d’aller acheter l’EP sur itunes en soutien. Merci :) et d’aller «liker» le bonhomme sur Facebook

{La Fiancée} Pas le temps d’écrire tout le bien que je pense de la Fiancée et de ses EP, mais voilà une bien jolie vidéo tournée par RendezVous création pour la découvrir. Ses EP sont en écoute sur Spotify. Sa reprise d’ « Ouverture » d’Etienne Daho est juste sublime par exemple.

Moriarty, groupe (largement) surestimé ?

Délicat de « démonter » un groupe qui connaît un tel succès… Une semaine de résidence au Trianon à Paris, tous les groupes ne peuvent pas se le permettre. Mais Moriarty surfe encore sur l’incroyable succès de son 1er album « Gee whig but thés is a lonesome town » et du gros carton de deux titres : « Jimmy » et « Private Lily ». Chansons vintage qui puisent leurs racines dans la country, look et clips décalés, chanteuse vaguement atypique, mélangez et secouez  le tout : un carton. Ajoutez des affiches graphiquement irréprochables pour annoncer ces concerts parisiens, un nouvel album au même moment, on fonce dans le panneau et au Trianon pour swinguer avec eux sur la vague du succès.

Sauf que, tel le surfer biarrot au petit matin sur la côte des basques, on attend le bon vent et LA vague pour s’élancer et … rien, à peine quelques risées et ridules à la surface de nos impassibles visages (relis la phrase, ça se tient, enfin vaguement). Chansons après chansons, le concert se déroule dans une indifférence polie face à la linéarité ennuyeuse du set de Moriarty. Tous les titres se ressemblent et paraissent interchangeables, et malgré l’ambiance qui rappelle vaguement le show Wild Wild West à Disneyland, on est très loin de pousser des « Hiiiipiiiiiyaaa » en faisant tourner les chapeaux. Et à l’impression de redondance pénible d’un titre à l’autre s’ajoute celle de « déjà vu », et entendu, tant musicalement le groupe n’offre qu’une relecture d’airs mille fois joués.

Mais, « ça joue » comme on dit, et les membres de Moriarty ne sont pas manches avec leurs instruments. Alors le groupe étire toutes les ficelles qui permettent de vernir un concert terne : et que j’accélère le tempo pour faire bouger le public, et que je le ralentis pour capter son attention, et que je te fais quelques titres en acoustique parce que c’est chic et que ça te donne, public, l’impression d’être privilégié.

Certes, les fans vont crier au scandale, et dans la fosse les premiers rangs étaient en extase. Mais dès que l’on dépassait une dizaine de rang, les visages s’allongeaient, les soupirs fusaient, les discussions à l’oreille se multipliaient… et dès le premier rappel, le bar s’est (bien) garni, pendant que le hall d’accès à la salle se remplissait. Et le groupe était encore entrain de jouer qu’une partie de la salle pliait bagage, scène relativement rare en dehors des festivals avec multi-affiche. Un concert fort décevant pour un groupe à l’atypisme bien lisse.

Pourquoi j’ai rencontré Zazie

Quand le petit barbu à lunettes d’Universal m’a appelé pour me proposer de participer à une rencontre de blogueurs autour de Zazie, j’ai commencé par hausser les sourcils. Non pas en raison du fameux adage « il faut toujours se méfier des barbus », cela serait mal venu de ma part, mais plus car je ne voyais pas vraiment l’intérêt de m’inviter à ce petit raout. Pas vraiment blogueur, journaliste à la plume sèche, je ne rends que rarement compte des événements auxquels je participe, me contentant généralement de me nourrir intellectuellement sur le dos de la bête. « Pas de problèmes, m’a rétorqué le petit homme, pas besoin d’en faire de compte-rendu ».

Si les adages existent, il y a forcément une raison. Ne jamais l’oublier. Encore moins quand le barbu officie en réalité comme homme de main numérique de l’artiste en question, Zazie donc. L’homme est fourbe et viendra vous poursuivre au cœur de votre vie numérique, Facebook, pour vous rappeler à votre devoir : écrire. Les promesses n’engagent que ceux qui les croient ai-je entendu si souvent lorsque je travaillais en politique, j’étais prévenu, l’invitation n’avait rien d’amicale, elle n’était qu’un simple piège tendu par un Jim Profit de pacotille dont la vengeance serait implacable. Pris à partie sur le blog de Zazie, sur mon propre wall Facebook, il fallait que je réagisse avant que mon e-réputation et mon personnal branding soient profondément atteints. Déjà qu’ils sont entachés d’un soutien à la campagne de Ségolène Royal…

Fourbe comme sa fonction le lui permets, le clone de Joffrin m’a aussi pris par les sentiments. A une dernière tentative désespérée de m’en sortir, « Pas possible d’écrire, désolé, dans Zazie il y a ZAZ », l’ex-infirmier se rappela de ses armes passées, à base de « care », tel un Aubryiste de la pire espèce : « Elle parlait de toi avec sensualité et empathie après ». Moche hein ?

Mais il tapait juste, Zazie, c’est avant tout du sentiment. Que l’on parle de ses textes, de ce qu’elle dégage,  et je ne parle pas uniquement bien sûr des émois adolescents dus à son tout premier clip, il y a avant tout une façon simple « d’être », de celle qui vous donne tout simplement envie, de connaître, d’écouter, de découvrir… et donc de rencontrer.

Difficile d’être déçu du moment passé avec elle. Ouverte, drôle, simple, j’ai peu rencontré d’artistes de « son niveau » de notoriété aussi accessible. Et tellement en revanche de jeunes pousses déjà pédants et infects. Je vais faire dans le cliché, mais rappelez-vous les adages, mais en la rencontrant on comprend ce qui touche son public et pourquoi elle plaît à temps de gens. Etonnant lorsque l’on fait le tour de ses proches de voir combien sont nombreux ceux qui l’apprécient, même si sa musique ne les touche pas tous de la même façon.

La musique, donc, quand même, un mot. 7 albums, 7 ambiances musicales pour les 7 jours de la semaine. Du très bon, des titres parmi ses meilleurs, du forcément décevant, mais un sacré projet qui a une très forte cohérence, disque par disque et dans son tout. (Un Zest-of made in le petit barbu est écoutable sur spotify) Et un sacré pari dans une époque sacrément morose pour l’industrie du disque. Cela semblait l’un des regrets de Zazie, que « les journalistes parlent plus du marketing que des chansons ». Les blogueurs présents ont, eux, bien rendu compte de cette rencontre et de la richesse musicale de « 7 ». Allez les lire pour finir de vous convaincre que Zazie et ce projet fou méritent votre attention. Et restez sur vos gardes si l’Universal barbu vous invite amicalement à rencontrer un artiste que vous aimez. Vinvin a même été obligé de chanter.

Mina Tindle en concert

Il y a un an je vous parlais de Mina Tindle, jeune artiste découverte en 1ère partie de JP Nataf. J’étais tombé sous le charme de sa voix, que vous pouvez découvrir à travers 2 titres de son 1er EP sur sa page Facebook. Elle sera en concert à La Loge, rue de charonne à Paris, le 18 mars, 8 avril et 22 avril. Vais allez y faire un tour en mars, on annonce aussi la présence de JP Nataf (joie!) et une 1ère partie de (Please) Don’t Blame Mexico en piano solo. On peut réserver sur site de La Loge.

OK GO, vidéo de fan (via @JSZanchi) // Où quand des fans demandent à des artistes de les prendre en compte… Vidéo marrante, et preuve de plus que les relations artistes / maisons de disque / fans doivent encore évoluer.

WoodKid, découverte de ma semaine musicale (chez @GUMusic)

Excellent concert hier soir de Revolver aux Bouffes du Nord, j’y reviendrai plus tard. Mais la surprise est venue de la 1ère partie, WoodKid, que je ne connaissais pas. Chanteur / violoncelle / synthé, une formation simple pour un début de show qui a laissé tout le théâtre sous le charme. Longtemps que je n’étais pas tombé par hasard sur un groupe aussi séduisant.

La voix de Yoann Lemoine, le chanteur est magique, grave et chaleureuse, de ces timbres qui vous font immédiatement plonger dans un univers. Je vous invite à écouter son dernier titre sur son My Space (tiens ça existe encore ??), Baltimore’s Fireflies, pour vous faire un avis. Ou ci-dessous quand ça fonctionne :) (Il faut tuer MySpace !)


WOODKID - Baltimore’s Fireflies

Woodkid | Myspace Music Videos

A suivre de près, son 1er EP est attendu pour fin février 2010.